Zins Beauchesne et associés à la une !
 

Février 2010

« Quelqu'un est intervenu, c'est sûr »

Fort étonnée d'apprendre que Québec étudie la viabilité du projet de Centre de foires de Drummondville, alors que le dossier a été déposé il y a huit mois, la mairesse Francine Ruest Jutras ne lance pas pour autant la serviette et n'accrédite surtout pas l'idée d'aller bloquer l'autoroute 20, comme certains le laissent entendre.

« Je garde espoir, car je suis convaincue que l'étude de viabilité qu'est en train de réaliser le ministère du Développement économique ne pourra faire autrement que reprendre les conclusions de la solide étude que nous avons entre les mains depuis un bon moment, celle de Zins Beauchesne, qui a confirmé la rentabilité de notre projet après trois ans, tout en faisant référence à celui de Sherbrooke », a-t-elle déclaré aux journalistes hier soir, au terme de l'assemblée du conseil municipal, quelques heures après s'être entretenue au téléphone avec le ministre Laurent Lessard.

Comme l'indiquait La Tribune samedi, M. Lessard, ministre des Affaires municipales, également responsable de la région Centre-du-Québec, attend les résultats d'une analyse de viabilité économique qu'il a lui-même commandée.

« Ce fut une surprise pour le moins désagréable d'apprendre qu'on fait une étude viabilité, huit mois après le dépôt de notre projet, alors que le temps presse pour rencontrer les délais de Chantiers Canada-Québec. Le ministre Lessard, qui tient à cette étude, m'a dit que ce ne sera pas long. J'espère bien car le temps file. Si c'est une façon détournée de nous dire non, c'est incorrect. Et on s'en rappellera », a affirmé Mme Jutras, soulignant au passage qu'on n'a pas demandé une étude sur la viabilité du projet Omaterra qui s'installera pourtant dans les mêmes eaux que les Légendes fantastiques.

Selon la mairesse, le projet drummondvillois de Centre de foires, évalué à 18 millions $, fait non seulement l'unanimité auprès de tous les intervenants du milieu économique mais il a aussi été accueilli favorablement par le secteur privé qui prévoit y injecter une somme égale. « Les hôteliers ont annoncé qu'ils investiraient 18 millions $ pour procéder à des agrandissements, ça prouve le sérieux de ce projet en matière de développement économique ».

Interrogée à savoir si elle avait une idée de ce qui s'est passé dans ce cafouillage politique, la première magistrate a simplement laissé tomber : « Quelqu'un est intervenu, c'est sûr ».

Hier soir, dans un reportage de Paul Larocque, du Réseau TVA, qui s'était déplacé à Drummondville en matinée, Martin Dupont, directeur général de la Société de développement économique, déclarait : « Nous avons déjà bloqué l'autoroute 20 et nous sommes capables de le faire encore ».

Quand un citoyen, à la période des questions, est venu étaler cette possibilité, tout le conseil municipal s'est mis à rire. « Non, je n'accrédite pas cette idée du tout », a tenu à dire Mme Jutras.

Lorsque les journalistes lui ont demandé s'il ne serait pas opportun de parler au premier ministre Jean Charest, un long silence a suivi. Mme Jutras a fini par dire qu'elle ne l'avait pas fait.

Le ministre Lessard et la mairesse doivent se reparler dans les prochains jours.

Auteur : Jean-Pierre Boisvert

Source : La Tribune, 16 février 2010, p. 30