Zins Beauchesne et associés à la une !

Mai 2011

Revitalisation du centre-ville de Gatineau : Denise Laferrière en a assez d'attendre

Devant les réticences de leurs collègues à investir de gros sous dans la relance du centre-ville de Gatineau, les conseillers du secteur Hull, Denise Laferrière et Patrice Martin, n'ont pas caché leur exaspération hier avant-midi.

Pour une, Denise Laferrière s'est montrée assez directe avec la directrice du service d'urbanisme, Marie-Claude Martel, qui refusait hier d'entériner la recommandation de Zins, Beauchesne d'aller de l'avant avec la création d'une corporation de revitalisation du centre-ville de Gatineau. Avant de créer une nouvelle corporation, Mme Martel souhaite vérifier si la Ville de Gatineau dispose de ressources à l'interne pour arriver au même résultat. Elle compte notamment approcher Développement économique CLD Gatineau, un service qui s'occupe surtout des parcs industriels.

« Il n'y a rien de concret, dans vos recommandations, faisant état que le centre-ville est une entité particulière et qu'il va être traité en conséquence, a tempêté Mme Laferrière. Ça fait déjà huit ans qu'on attend, il faut procéder. J'espère qu'on va accélérer la cadence surtout que lorsqu'on regarde le rapport de Zins Beauchesne, on se rend très bien compte que si on fait des investissements importants dans un centre-ville, ça rapporte. »

Vision d'ensemble

Pour Mme Laferrière, il est clair qu'il faut aller de l'avant avec une corporation le plus indépendante possible de la Ville de Gatineau, mais fortement appuyée par les moyens financiers de la municipalité. Mise en place dans la ville américaine de Portland, cette stratégie a porté fruit. « Je suis persuadée que si vous avez une corporation à part, avec un mandat unique, ce sera plus efficace, reprend-elle. Là on parle de mettre une personne de l'urbanisme, une personne de DECLD Gatineau, peut-être un démarcheur pour aller chercher des types de commerces de destinations qu'on veut ajouter... Je veux bien. Mais ça prend quelqu'un qui a une vision d'ensemble, qui n'est pas dérangé par les élus municipaux qui des fois changent d'idées aux trois mois, au mois, aux deux semaines... Ce n'est pas avantageux, pour le développement du centre-ville, d'avoir une structure rattachée directement à l'administration municipale. »

Mme Laferrière n'a pas été plus tendre envers ses collègues à qui elle reproche de vouloir protéger les acquis de leurs associations de commerçants au détriment de la relance du centre-ville. « Ça fait tellement longtemps qu'on attend ce fameux rapport et, en plus, mes collègues ont dit ce matin qu'ils n'étaient pas prêts à décider. Encore une fois, je crains que ce dossier soit politisé et qu'on attende, qu'on attende, parce que les gens craignent d'avoir une diminution des montants », laisse tomber Mme Laferrière.

Son collègue Patrice Martin est à peine moins virulent. « Je suis d'accord pour qu'on approche le DECLD-Gatineau, mais il faut agir rapidement. Des commerçants m'ont dit : « il est minuit moins une, il doit se passer quelque chose dans le centre-ville ». J'ai comme l'impression qu'il va nous falloir une corporation, un visage identifié au développement du centre-ville. Quand il y a une problématique au centre-ville, c'est lui qu'on appellera. Le CLD a déjà son truc, déjà plusieurs mandats, et le centre-ville ne serait qu'un mandat parmi d'autres... ».

 

Auteur : Patrick Duquette

Source : Droit (Gatineau), 18 mai 2011, p. 6.