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Juin 2011

Des départs, mais pas d'exode en vue dans Saint-Roch

Au début du mois de mai, Korem annonçait qu'elle allait poursuivre ses activités dans le quartier Saint-Roch pour les 10 prochaines années. Au même moment, Phytronix Technologies inaugurait ses nouveaux locaux dans le Parc technologique du Québec métropolitain.

Quelques mois auparavant, l'entreprise évoluant dans le domaine de l'instrumentation scientifique de laboratoire avait pris la décision de quitter Saint-Roch, le quartier qui, il y a près d'une décennie, l'avait vu venir au monde.

Logeant au 335, rue Saint-Joseph Est, Phytronix cherchait à regrouper sa quinzaine d'employés sur un même plancher et à régler le casse-tête provoqué par la rareté d'espaces de stationnement pour ses clients et ses fournisseurs et par l'absence d'un débarcadère adéquat pour recevoir et pour expédier des marchandises.

La compagnie a vainement tenté de se relocaliser dans Saint-Roch, mais faute de locaux répondant à ses besoins, elle a choisi d'établir ses pénates à l'extérieur du Nouvo Saint-Roch.

Un autre facteur a influencé la décision de Phytronix, a fait savoir au Soleil le président de l'entreprise, Jean Lacoursière, soit la fin de l'aide fiscale accordée par le gouvernement du Québec aux entreprises des secteurs des technologies de l'information et des communications ayant pignon sur rue dans le Centre national des nouvelles technologies de Québec.

À la fin du mois de décembre dernier, Global Internet a vu s'éteindre le crédit d'impôt remboursable de 40 % calculé sur le salaire versé à certains de ses employés.

« Sans la mesure fiscale, le coût des loyers dans Saint-Roch devenait vraiment trop élevé pour nous", affirme la directrice générale adjointe, Julie Gagné. Le concepteur et créateur de sites Internet décide alors de quitter l'édifice Les Façades de la Gare pour prendre racine sur le boulevard Wilfrid-Hamel. "Du même coup, nous avons réduit notre facture de loyer d'au moins la moitié. »

Pour les employés de Phytronix et de Global Internet, le déménagement à l'extérieur de Saint-Roch a permis d'éliminer les contraintes de stationnement. « Par contre, tout le monde va s'ennuyer de la vie de quartier absolument fantastique qui anime Saint-Roch », commente Virginie Carrier, superviseure du contrôle de la qualité chez Phytronix.

Des loyers qui baissent

Selon le directeur général de la Société de développement commercial du centre-ville de Québec, Stéphan Sabourin, « entre trois et quatre » entreprises ont quitté Saint-Roch au cours des derniers mois en raison de la fin de l'application de la mesure fiscale qui s'étendra à toutes les entreprises qui en bénéficiaient d'ici le 31 décembre 2013.

« Nous avons perdu des entreprises et nous n'avons pas fini d'en perdre », laisse entendre M. Sabourin. Il se montre particulièrement « inquiet » au sujet de l'avenir de la présence de CGI dans Saint-Roch qui pourrait être tenté de déménager ses pénates sur le boulevard Laurier.

En effet, la firme de services en technologies de l'information et en gestion des processus d'affaires est présentement en discussion avec le Groupe Kevlar pour le renouvellement de son bail dans l'édifice du boulevard Charest qui est le lieu de travail de 350 employés de l'entreprise. « Rien n'a encore été décidé », informe la porte-parole de CGI, Circé Labelle.

Des études effectuées en 2009 et en 2010 par la Ville de Québec indiquaient que 35 % des gestionnaires d'entreprise techno interrogés par la firme Zins Beauchesne avaient mentionné avoir l'intention de changer de quartier dans les cinq prochaines années en raison du coût des loyers et de la perte des avantages liés aux crédits d'impôt.

Récemment, la Ville a remis à jour ces deux études, mais les résultats n'ont pas encore été rendus publics.

Selon un relevé effectué par Le Soleil, d'autres entreprises ont imité Korem et ont choisi de se relocaliser dans de nouveaux immeubles dans Saint-Roch. Parmi elles, iXmédia, Wanted Technologies et La Cavalerie (autrefois 6ixdegrés).

Steve Gilbert, du Groupe Altus, a constaté, lui aussi, que la fin du programme d'aide avait provoqué le départ d'entreprises vers d'autres secteurs de la ville de Québec. Par contre, sa collègue Marie-France Benoît n'anticipe pas un exode vers le boulevard Laurier ou encore en direction du quartier Lebourgneuf.

Par ailleurs, Steve Gilbert a noté une baisse des loyers demandés dans Saint-Roch depuis quelques mois.

« Les loyers étaient gonflés et voilà qu'ils reviennent graduellement au coût du marché », fait-il remarquer en précisant que les propriétaires d'immeubles s'ajustaient afin d'être en mesure de conserver leurs locataires.

 

Auteur : Gilbert Leduc

Source : Le Soleil (Québec), 3 juin 2011, p. 37.