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Zins Beauchesne et associés à la une !
Novembre 2011 Black Friday, Un phénomène à surveillerBien que le Black Friday soit une tradition encore très étasunienne, la présence forte de commerces américains au Québec et la popularité grandissante de l'achat en ligne pourraient rapidement amener la fièvre ici. Les entreprises bien de chez nous devront donc s'ajuster rapidement en emboîtant le pas autant par des rabais en magasins que par la vente en ligne. Le Vendredi noir - qui dure pour plusieurs magasins toute la fin de semaine - amène chaque année une effervescence sans pareille dans les commerces américains. Les consommateurs les plus nerveux coucheront dans des tentes à la porte des grands détaillants, notamment ceux spécialisés dans l'électronique. Certains commerces auront même ouvert le jeudi, à 21 h ou à minuit, pour satisfaire les plus impatients et damer le pion aux concurrents. Selon un sondage de la CIBC, les Canadiens prévoient consacrer 628$ en moyenne pour l'achat de leurs cadeaux, cette année. Au Québec, c'est 482 $. Autant de dollars qui risquent ainsi de glisser des doigts des commerçants locaux en cette fin de semaine d'achats frénétiques chez nos voisins du sud. Michel Zins est directeur du département de marketing et de la faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval et président de Zins Beauchesne et associés. Il ne voit pas encore dans le Vendredi noir une menace importante pour les marchands québécois, mais estime qu'il s'agit là d'« un phénomène à surveiller ». « Ça va dépendre combien d'entreprises américaines au Québec vont embarquer là-dedans parce qu'elles représentent déjà à peu près 80% de l'offre. » Hier, le géant de l'informatique Apple annonçait des rabais sur ses produits. Des rabais repris par Best Buy et Future Shop, notamment. Selon Michel Zins, les entreprises québécoises devraient s'inscrire dans ce mouvement qui est déjà fort au lieu d'en créer un autre. D'autant plus que cette période permet d'étendre à novembre la frénésie du magasinage qu'on connaît en décembre. « Les commerçants cherchent des occasions de fouetter les ventes. Il y a une partie des achats qui est faite dans un moment d'excitation, par exemple Noël, la Saint-Valentin. [...] Si le mouvement se développe, ça pourrait être à leur avantage. » Achats en ligne Michel Zins estime que pour les entreprises américaines n'ayant pas d'assises au Canada, il est encore complexe d'acheter en ligne aux États-Unis. La livraison ne se fait pas toujours sans heurt. Cela freine donc les consommateurs à traverser la frontière virtuelle. « La balle est dans le camp des commerçants québécois, qui devraient normalement prendre le virage d'achats en ligne aussi. » Des sites spécialisés dans la vente en ligne, comme Amazon, étendent par ailleurs leur offre de service en ne vendant plus seulement des livres et des disques, mais aussi des outils, des petits appareils électroniques et de l'équipement de sport, notamment. « Ça, d'une certaine manière, c'est menaçant parce qu'il y a une habitude qui se crée. Mais par contre, la plupart des commerces ont une option en ligne et ceux qui ne l'ont pas, il faudrait qu'ils se dépêchent », lance-t-il comme un avertissement.
Auteur : Luc Fournier Source : Le Soleil (Québec), 26 novembre 2011, p. 39. |

