Zins Beauchesne et associés à la une !
 

3 novembre 2010

Neuf boîtes sur 22 partiront

La perte des avantages liés aux crédits d'impôt destinés au Centre national des nouvelles technologies de Québec (CNNTQ) et une éventuelle hausse du coût des loyers vont forcer des entreprises à quitter le quartier Saint-Roch.

Selon une nouvelle étude réalisée par la Ville de Québec au cours de l'été dernier et dont Le Soleil a obtenu copie, 9 des
22 gestionnaires d'entreprise technologique interrogés par la firme Zins Beauchesne ont mentionné avoir l'intention de changer de quartier dans les cinq prochaines années.

« Le coût des loyers reste la principale raison mentionnée par huit des gestionnaires », rapporte l'enquête en précisant que le coût du loyer payé par les entreprises interrogées variait entre 10 $ et 25 $ du pied carré dans Saint-Roch.

« Deux répondants mentionnent d'ailleurs spécifiquement la perte de l'avantage des crédits d'impôt CNNTQ » pour justifier leur raison de déménager. D'ailleurs, 18 entreprises ont signalé que la possibilité de bénéficier d'un crédit d'impôt remboursable de 40 % sur le salaire versé à certains employés avait constitué un « critère de choix » pour leur implantation dans Saint-Roch.

La bonne nouvelle, c'est que 13 des 22 répondants n'envisagent pas de plier bagage au cours des cinq prochaines années.

« On apprécie beaucoup le quartier », a résumé un répondant. « On va déménager, mais on va rester dans Saint-Roch », a déclaré un autre. « Pas de raisons de déménager, à moins que le quartier devienne plate et désuet », a tranché un gestionnaire.

Par ailleurs, il est clair pour les chefs d'entreprise que la fin de l'aide fiscale accordée aux entreprises de Saint-Roch fera des victimes. Hier, à l'occasion du Sommet Actions Saint-Roch, les participants ont refusé de se cacher la tête dans le sable.

Évidemment, les gros joueurs comme Ubisoft, Frima Studio ou Beenox tiendront le coup sans problème.

L'histoire pourrait être pas mal différente pour les petites compagnies, notamment celles du secteur des technologies de l'information.

« J'ai vraiment peur pour elles », a confié Carl-Frédéric De Celles, président d'iXmédia. « Est-ce que Saint-Roch parviendra encore à être le berceau de jeunes entreprises naissantes, comme ce fut le cas pour nous jadis, alors qu'on payait à peine
4 $ du pied carré et que l'on pouvait compter sur des incitatifs fiscaux ? Des start-up, on en voit de moins en moins dans Saint-Roch. »

Quant aux nouveaux crédits d'impôt proposés par le gouvernement pour compenser ceux qui étaient réservés à des territoires désignés, les entrepreneurs comme Steve Couture, président de Frima Studio, les jugent trop restrictifs. « Il est faux de dire qu'ils sont meilleurs que ceux que nous avions précédemment. »

Pour tenter de limiter d'ici 2013 les contrecoups de la fin de l'aide apportée au CNNTQ, les participants au Sommet ont convenu de mettre sur pied un comité qui verra à faciliter le démarrage, la consolidation et le développement d'entreprises technos dans Saint-Roch.

Entre 1999 et 2010, 69 entreprises du quartier ont bénéficié des retombées de la création du CNNTQ. Entre 1999 et aujourd'hui, les dépenses en crédits d'impôt ont atteint 92 millions $ et un montant supplémentaire de 40 millions $ devrait être dépensé d'ici 2013.

Auteur : Gilbert Leduc

Source : Le Soleil, 3 novembre 2010, p.4