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Mars 2010

L'Outaouais en manque d'entrepreneurship

Un peu d'entrepreneurship s'il vous plaît. Voilà l'essentiel du message qu'ont voulu lancer des experts en développement économique aux entrepreneurs de la région lors de l'événement Contact affaires, qui a réuni près de 200 chefs d'entreprise, hier, à Maniwaki.

Avec une agglomération de plus d'un million de personnes, la région d'Ottawa-Gatineau est un marché en or pour faire des affaires. « C'est un des marchés les plus importants au Canada et plusieurs petits entrepreneurs de la région oublient parfois que toutes ces occasions d'affaires sont à moins d'une heure de leur entreprise », note Michel Zins, président de Zins Beauchesne et associés, une firme spécialisée en marketing et en planification stratégique.

La culture entrepreneuriale a de la difficulté à se développer en Outaouais, analyse M. Zins. En ce sens, la région n'est pas différente des autres qui, comme elle, ont pu profiter historiquement de la présence de grandes entreprises comme les usines de pâte et papier et d'importants employeurs comme le gouvernement fédéral. « Les régions fortement dominées par ces types de gros employeurs n'ont pas eu besoin, par le passé, de développer leur entrepreneurship, explique-t-il. Plusieurs entreprises se sont développées en fonction de répondre aux besoins de ces grands employeurs. »

Changement de mentalité

Les entrepreneurs de l'Outaouais gagneraient à changer leur mentalité, estime Marc Giguère, agent de développement industriel au ministère des Ressources naturelles et de la Faune. « Plusieurs petits entrepreneurs de la région n'ont pas beaucoup évolué au cours des dix dernières années et ça, c'est causé par un manque d'entrepreneurship, dit-il. Les entreprises ont souvent tendance à vouloir grossir au détriment des autres en leur prenant des parts de marché. Les entrepreneurs de l'Outaouais devraient plutôt chercher à s'entraider, mutuellement, pour se développer. C'est le genre d'enseignement qu'on devrait faire auprès des jeunes entrepreneurs. »

Spécialiste du secteur forestier, plus précisément du bois de sciage, M. Giguère ajoute que l'Outaouais doit profiter de la présence des nombreuses essences d'arbre dans la région. « Chaque essence à ses propriétés, dit-il. Les entrepreneurs de l'Outaouais doivent développer des marchés spécialisés en fonction de ces essences. Pour ça, ils doivent se mettre en mode marketing et identifier les utilisateurs potentiels de ces essences de bois. »

Les secteurs de développements économiques sont nombreux dans la région, précise M. Zins. Que ce soit le secteur touristique, agroalimentaire ou des services; les opportunités ne manquent pas. L'expert en marketing prévoit que les
10 prochaines années verront ces secteurs se développer rapidement. « Il y aura une première phase où des entrepreneurs déjà en place voudront passer à une autre étape de leur développement, explique-t-il. Cela poussera de nouveaux entrepreneurs à vouloir les imiter. Avant longtemps, l'Outaouais vivra ce qu'ont vécu des régions comme les Laurentides ou Charlevoix, où des gens de l'extérieur de ces régions ont flairé le potentiel et s'y sont installés pour faire des affaires. »

Auteur : Mathieu Bélanger

Source : Le Droit, 19 mars 2010, p. 2