Zins Beauchesne et associés à la une !
 

2 Décembre 2010

Les apiculteurs se dotent d'un plan stratégique

L'apiculture québécoise est en très bonne position pour tirer profit de l'appétit croissant des consommateurs pour des produits « santé », « naturels » et du terroir.

Pour y parvenir, le secteur vient de se doter d'un plan stratégique qui dresse le bilan de ses forces et de ses faiblesses et identifie une vingtaine d'objectifs à atteindre.

Les grandes lignes du plan stratégique 2010-2015 réalisé par la firme Zins Beauchesne furent présentées lors de la récente assemblée générale annuelle de la Fédération des apiculteurs du Québec. Selon Renée Dubé, associée chez Zins Beauchesne, la filière apicole peut compter sur plusieurs atouts, notamment la capacité à produire un miel québécois de qualité et d'une grande diversité de fleurs, la forte présence du produit sur la table des Québécois (70 %) et l'augmentation du prix de vente au détail. À l'opposé, la fragilité financière de plus de la moitié des entreprises, le manque de concertation et la mise en marché déficiente du produit fini nuisent à l'essor du secteur. Le fait que le revenu apicole soit souvent insuffisant pour faire vivre l'exploitant constitue une embûche supplémentaire. Malgré tout, plusieurs opportunités s'offrent aux apiculteurs québécois. Zins Beauchesne souligne notamment l'augmentation du nombre de ruches, l'intérêt grandissant des consommateurs pour les produits santé, naturels et du terroir, la disponibilité de subventions pour la recherche, le développement et l'aide à l'innovation, permettant l'amélioration de nouvelles techniques de production.

Enjeux prioritaires

La planification stratégique vise ultimement à accroître la rentabilité des entreprises apicoles. Pour ce faire, le conseil d'administration de la Fédération a décidé de travailler en priorité sur l'amélioration de la santé des abeilles, l'encadrement et le développement du marché de la pollinisation, de même que la structuration de la mise en marché. Ce dernier enjeu touche la stabilisation des volumes de production de miel au Québec, l'origine du miel, la qualité et la salubrité dans la production de miel et l'accès aux réseaux de distribution par les apiculteurs. Pour 2010-2011, la Fédération planche déjà sur la mise en œuvre des programmes de certification et d'aide à la certification, le développement d'un contrat type pour les services de pollinisation, la révision des règlements généraux pour réduire les conflits, de même que le développement d'une stratégie marketing pour accroître la consommation du miel des Québécois.

Portrait de famille

Avec une production de 953 tonnes de miel en 2009, le Québec représente un poids plume dans l'arène canadienne, avec environ 3 % de la production nationale. Néanmoins, de 2007 à 2008, le volume de production des abeilles du Québec a enregistré un boom de 41 %. Cette même année (2008), la valeur de la récolte atteignait un niveau record de 8 527 milliers de dollars. Les perspectives s'avèrent aussi réjouissantes pour les services de pollinisation. Depuis 2003, leur valeur a fait un bond spectaculaire de 201 % pour atteindre 2,9 millions de dollars en 2008. Au chapitre des échanges commerciaux, les exportations du Canada dépassent largement les importations. Néanmoins, les envois de miel étranger ont crû de 215 % entre 2000 et 2004 avant d'accuser une diminution de près de 60 % de 2004 à 2008. Le miel peut d'ailleurs compter sur une consommation plutôt stable, frôlant le kilogramme/personne.

Auteur : Julie Mercier

Source : La Terre de chez nous, 2 décembre 2010, p. 22.