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Décembre 2009

Pas de manne pour Québec

L'approbation du Canada comme destination touristique par le gouvernement chinois offre un potentiel intéressant pour la ville de Québec, mais il ne faut pas s'attendre à ce que la manne s'abatte sur la capitale à court terme.

« Oui, la Chine et l'Inde sont deux pays très populeux où la classe moyenne et la classe supérieure se développent et offrent un énorme potentiel pour le futur. À court terme cependant, je ne suis pas sûr qu'il y aura un si grand impact à Québec », indique Daniel Gagnon, directeur des communications et de la publicité à l'Office du tourisme de Québec.

« Dès l'an prochain, on s'attend à avoir des propositions de partenariat pour de la promotion touristique en Chine sous le parapluie des gouvernements québécois et canadien. Pour pénétrer ce marché, ça prend beaucoup de moyens, d'où la nécessité de travailler avec les gouvernements », poursuit M. Gagnon, indiquant que le marketing dans un marché comme la Chine est loin d'être simple.

Il ajoute que les villes regroupant de fortes communautés sino- canadiennes, ce qui n'est pas le cas de Québec, allaient recevoir la majeure partie de la clientèle touristique chinoise. « Au début, ce seront surtout des gens qui visiteront leurs parents et amis, alors Vancouver, Toronto et Montréal seront les destinations privilégiées. Mais avec le temps, les autres régions du Canada devraient aussi avoir leur part », poursuit-il.

« À moyen et long terme, la Chine est donc davantage un marché à travailler, mais surtout à comprendre pour Québec, qui devra se préparer à accueillir ces touristes. Cette clientèle sera très différente des touristes chinois que nous accueillons présentement, qui sont davantage une clientèle d'affaires. Et il ne faut pas penser que la clientèle touristique asiatique est si nombreuse à Québec. Par exemple, le Japon, c'est environ 15 000 visiteurs par année seulement. Plusieurs personnes d'origine asiatique qui visitent Québec sont des résidants de Toronto, Vancouver ou San Francisco », signale-t-il.

Bas de gamme

Daniel Gagnon souligne également l'expérience vécue en France, où les Chinois peuvent voyager depuis quelques années.
« En France, on nous dit que le tourisme chinois est un tourisme bas de gamme, des gens qui négocient très serré et qui veulent le maximum pour le plus bas coût possible. Ce ne sont pas des gens qui laissent beaucoup d'argent dans l'économie ou qui donnent de gros pourboires. »

Michel Zins, professeur en marketing à l'Université Laval, abonde dans le même sens. « Certains pays ont été déçus de la clientèle chinoise, très orientée vers le prix, qui a de la difficulté à communiquer et qui affiche parfois des comportements qui pourraient paraître malpolis. C'est une clientèle très différente de la clientèle japonaise très raffinée, éduquée et attirée par le haut de gamme. »

M. Zins souligne que la clientèle chinoise a très peu voyagé à l'extérieur du continent asiatique et qu'il faudra s'y adapter.
« La Chine pourrait devenir un marché important éventuellement, mais tout dépendra de la formule d'affaires que les entreprises touristiques mettront en place », conclut-il.

Auteur : Ian Bussières

Source : Le Soleil, 6 décembre 2009, p. 8