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Avril 2009

La crise a aussi ses impacts

L'industrie touristique de la région de Québec connaîtra un effet de ressac en 2009 après les Fêtes du 400e, selon le professeur en marketing de l'Université Laval Michel Zins.

« On est montés plus haut que la normale en 2008. Il faut bien que l'on retombe. Certains vont se dire qu'ils n'iront pas à Québec cette année parce qu'ils y sont allés l'an dernier. On a pris de l'avance l'an dernier. Les grands événements de 2008 ont cannibalisé les années suivantes », a-t-il commenté, hier, au cours d'un entretien avec Le Soleil.

À son avis, plusieurs touristes ont devancé leur visite à Québec l'an dernier. Une visite qu'ils auraient possiblement faite en 2009 ou dans les prochaines années. « C'est un phénomène que l'on a observé dans d'autres villes où ont eu lieu de grands événements comme la tenue des Jeux olympiques », a-t-il expliqué.

La crise économique est un autre facteur qui pourrait avoir un impact sur l'affluence touristique à Québec en 2009. Cela pourrait amener bien des touristes à retarder la décision de faire un voyage. Toutefois, M. Zins ne prévoit pas que de nombreuses personnes renoncent pour autant à partir en vacances.

« Les voyages peuvent être affectés par la crise, mais ça demeure important pour beaucoup de gens. Au cours des dernières années, il y a eu un changement dans les priorités des personnes. Les voyages sont maintenant placés très haut dans les priorités. Avant, c'était plutôt la cerise sur le sundae. Prendre des vacances en famille à Noël, c'est devenu très fort. On le voit chez les jeunes, les familles qui vont préférer conserver leur automobile beaucoup plus longtemps et avoir les moyens de voyager », a-t-il affirmé.

Malgré la conjoncture économique difficile, M. Zins ne croit pas que l'industrie touristique de la région soit en péril. « La région de Québec demeure une destination extraordinaire qui a une très bonne presse dans le monde. Québec est bien positionnée », a-t-il dit.

Cet expert en marketing et en tourisme invite toutefois le milieu du tourisme à la prudence. « Il faut surveiller la situation de près et travailler très fort sur notre clientèle régulière. Il faut être raisonnable sur les prix, ne pas brader notre produit, mais offrir une bonne valeur pour le dollar », a suggéré M. Zins.

Auteur : Pierre Pelchat

Source : Le Soleil, 2 avril 2009, p. 8