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Mars 2005

Offre touristique à raviver

Si Québec veut survivre dans un monde compétitif au possible, elle n'a pas le choix de revamper son offre touristique en ciblant encore davantage les plaisirs d'hiver et la culture contemporaine. Et les résidants seront mis dans le coup !

Mine de rien, la dernière analyse du tourisme à Québec remonte à une quinzaine d'années. Il était donc temps, disait hier le conseiller municipal Jacques Jobin, responsable du tourisme, de mesurer le chemin parcouru et surtout d'élaborer un nouveau plan de match.

Québec est condamnée à continuellement s'améliorer, ajoute-t-il, si elle veut faire face à la concurrence de Montréal et d'autres grandes villes nord-américaines.

Une étude réalisée par la firme Zins Beauchesne démontre que l'activité touristique a beau avoir gagné en qualité et en quantité, les festivals et les grands événements n'ont pas acquis toute la notoriété souhaitée et le financement qui vient avec. Le potentiel de l'agrotourisme et du tourisme religieux est toujours sous-exploité.

Autre tache sombre, les fonds publics sont beaucoup trop dilués; la Ville a recensé jusqu'à 300 projets touristiques. « Il va falloir cibler nos grands événements et faire des choix », insiste Jacques Jobin.

Québec doit convaincre qu'elle est LA capitale des plaisirs d'hiver, estime le Groupe de réflexion sur le tourisme à Québec. « Et on a tout un avantage sur Montréal, fait remarquer Mario Dufour, président de la Commission des biens culturels de Québec et membre du Groupe. On a de la neige ! »

Les organisateurs de la capitale ont l'air passablement excédés de voir les gens de Montréal tenter de leur tirer le tapis sous les pieds, comme les FrancoFolies qui veulent programmer leur événement en même temps que le Festival d'été. « Les promoteurs de Montréal ne respectent pas trop la ville de Québec, remarque Jacques Jobin. C'est un peu beaucoup absurde de vouloir compétitionner des événements qui étaient les précurseurs. »

Dans sa vision stratégique, la Ville voudrait mettre en valeur les grands centres de ski alpin, Mont-Sainte-Anne, Stoneham en tête, pour concurrencer plus efficacement les destinations montagneuses du Vermont et du nord-est américain.

Pour rendre Québec plus attirante durant la saison froide, il faut aussi prendre soin, fait remarquer Suzanne Marquis, directrice générale adjointe, de ne pas emmitoufler tout le mobilier urbain et placer la ville en hibernation.

La Ville veut repenser la décoration des lieux publics et des voies de circulation et concocter une programmation d'animation urbaine continuelle.

Pour désencombrer le Vieux-Québec, la Ville et ses partenaires comme l'Office du tourisme mettront beaucoup d'énergie sur les autres pôles d'attraction, comme Saint-Roch, le littoral du fleuve, Wendake, la chute Montmorency.

La Ville veut aussi mettre en oeuvre un programme de sensibilisation aux avantages du tourisme dans le but d'apaiser la grogne dans certains quartiers et rendre ses résidants encore plus accueillants.

La Ville de Québec reçoit chaque année 5 millions de touristes sur un potentiel de 700 millions de touristes internationaux.

Auteur : Isabelle Mathieu

Source : Le Soleil, 10 mars 2005, p. A11