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Août 2005

Gatineau encore moins connue que l'ancienne ville de Hull

Presque quatre ans après la fusion municipale, de plus en plus de Québécois connaissent le nouveau nom de Gatineau, mais beaucoup associent encore l'Outaouais à l'ex-ville de Hull.

La notoriété du nom de Gatineau a grimpé de 9 à 18 % au Québec, entre 2003 et 2005, grâce aux millions de dollars investis en publicité par Tourisme Outaouais dans les médias de Montréal et Québec.

Néanmoins, Gatineau demeure encore moins connue que ne l'était l'ex-ville de Hull. La notoriété de Hull atteignait encore
28 % en 2003, plus d'un an après la fusion, même si elle a baissé à 12 % en 2005.

Tirées de trois sondages scientifiques réalisés pour le compte de Tourisme Outaouais, entre 2003 et 2005, ces données sont jugées « encourageantes » par le directeur de l'organisme, Gilles Picard.

« Mais c'est bien certain qu'il reste encore du travail à faire pour faire connaître le nouveau nom de la grande ville. C'est un travail de plusieurs années », a-t-il reconnu.

Gatineau fait son chemin

Il faut se montrer patient, ajoute Gilles Picard, surtout que la fusion est toute récente. Encore en 2003, on parlait de la défusion de Hull, sans compter que les panneaux routiers montréalais indiquent toujours la direction Hull-Ottawa.

« C'est vrai que nous n'avons pas encore retrouvé la notoriété de l'ex-ville de Hull, mais le résultat de Gatineau demeure tout de même excellent dans ce contexte », ajoute Gilles Picard.

L'industrie touristique a donc payé un lourd tribut pour l'abandon du nom de l'ex-ville de Hull, en janvier 2002.

Pendant des années, des sommes importantes ont été investies pour faire rayonner Hull sur les scènes nationales et internationales, comme lors des IVe Jeux de la francophonie d'Ottawa-Hull, en 2001. Or donner de la notoriété à un nom ou à une marque, quelle qu'elle soit, coûte de plus en plus cher, note Michel Zins, un spécialiste souvent consulté par les organisations publiques dans le domaine du tourisme.

« Les investissements pour gagner des points de notoriété sont de plus en plus grands. Ça prend beaucoup, beaucoup d'argent », note M. Zins, de la firme spécialisée Zins Beauchesne et associés. Il note que les investissements annuels en publicité atteignent 35 millions $ à Toronto, 20 millions $ à Montréal et 10 millions $ à Québec.

En Outaouais, les dépenses publicitaires sont d'un peu plus de un million de dollars depuis 2001. Quatre-vingt pour cent des investissements sont faits à Montréal et Québec, le reste à Toronto et aux États-Unis. « La responsabilité de faire connaître le nom de Gatineau ne relève pas seulement de Tourisme Outaouais, mais également des autorités publiques, des entrepreneurs, des gens d'ici », note par ailleurs Gilles Picard.

Le bouche à oreille demeure un moteur touristique important, a-t-il ajouté.

Et pour attirer encore plus de touristes au cours des prochaines années, Tourisme Outaouais misera sur ses attraits majeurs - Casino, Musée canadien des civilisations et parc de la Gatineau. Mais elle compte aussi renforcer ses efforts pour mettre en valeur les rivières, favoriser le tourisme culturel et sportif, notamment en vantant l'important réseau de sentiers cyclistes de la région.

Tourisme Québec compte aussi poursuivre son association avec la chanteuse Luce Dufault. La moitié des visiteurs de l'Outaouais affirment, dans les sondages, que la porte-parole a joué dans leur décision de séjourner dans la région.

Auteur : Patrick Duquette

Source : Le Droit, 25 août 2005, p. 7