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20 novembre 2010 Les boutiques Jacob en mauvaise postureLa chaîne de vêtements Jacob, qui compte 10 magasins dans la région de Québec, s'est placée hier à l'abri de ses créanciers. Les pertes engrangées depuis trois ans par le détaillant montréalais ont totalisé tout près de 45 millions $. Dans des documents déposés hier devant la Cour supérieure du Québec pour se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, l'entreprise a fait savoir qu'elle travaillait maintenant à restructurer ses activités de « façon ordonnée ». « Dans l'immédiat, tous nos magasins demeurent ouverts. On continue en affaires », a indiqué hier au Soleil la porte-parole de Jacob, Cristelle Basmaji. Fondées dans les années 60 à Sorel, les boutiques Jacob offrent des vêtements à une clientèle urbaine féminine. L'entreprise compte 150 magasins et 2000 employés à travers le pays. Au Québec, la chaîne compte 55 boutiques et Selon les documents déposés hier par Jacob en cour, les pertes encaissées depuis trois ans ont avoisiné les 45 millions $. La société dit avoir perdu notamment 12 millions $ en 2008, 16,5 millions $ en 2009 et 16,3 millions $ depuis le début de 2010. Depuis deux ans, les ventes des boutiques Jacob ont reculé de 15 %, affirme également la direction de l'entreprise, qui n'exclut pas la vente en tout ou en partie de ses éléments d'actif ou de ses actions dans un éventuel plan de relance. Pour expliquer ces lourdes pertes, la direction de l'entreprise soutient avoir été frappée durement par la récession survenue à la fin de 2008 et par une compétition de plus en plus féroce. Selon le professeur en marketing de l'Université Laval, Michel Zins, si la dernière récession a fait mal à certains détaillants, d'autres s'en tirent bien. « Il n'y a pas de recette miracle dans le commerce au détail. On doit d'abord se concentrer sur les magasins les plus rentables », explique-t-il. Expansion ratée Il faut dire que la chaîne Jacob avait orchestré un important plan d'expansion ces dernières années d'un bout à l'autre du pays en ouvrant des dizaines de nouvelles boutiques, la plupart dans des centres commerciaux, là où les pieds carrés coûtent une fortune. Or, en avril dernier, la direction de Jacob avait décidé de revoir sa stratégie en repositionnant ses différentes bannières de magasins. Une soixantaine de boutiques Connexion avaient alors été converties en magasins Jacob, d'autres fermées. L'arrivée au Canada de plusieurs nouveaux joueurs dans le secteur du vêtement a aussi eu ses effets, estiment certains analystes financiers. Ces dernières années, de grandes chaînes étrangères comme H&M, Zara, Urban Outfitter et American Eagle ont envahi les différents marchés urbains canadiens, générant une pression énorme sur les marges bénéficiaires des détaillants canadiens. Dans une entrevue accordée au journal Les Affaires en juin dernier, le grand patron de Jacob, Joey Basmaji, disait d'ailleurs vouloir contrer cette offensive des chaînes de vêtement étrangères. Comment ? Par l'ouverture d'une centaine de nouvelles boutiques dans des marchés secondaires d'ici cinq ans au Canada, à l'extérieur des grandes villes. Force est de constater que la direction de Jacob a manqué de temps à la veille des Fêtes, la période la plus rentable de l'année. C'est la firme comptable PricewaterhouseCoopers qui a été nommée contrôleur par la Cour pour assurer le bon déroulement de cette restructuration chez Jacob. Auteur : Pierre Couture Source : Le Soleil, 20 novembre 2010 |


