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Octobre 2009 Québec veut mettre fin à la guerre des nerfsUn changement de ton s'opère au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ). Le nouveau ministre Claude Béchard évoque désormais une série de mesures, y compris des indemnisations « particulières », pour mettre fin à la guerre des nerfs qui oppose son équipe d'inspecteurs aux fromageries artisanales depuis la crise de la listériose de septembre 2008. « Il y a des cas particuliers au niveau des indemnisations qu'il faut régler et qu'on va régler », a indiqué au Soleil le ministre Béchard, qui prévoit une annonce officielle d'ici un mois environ. Dans son rapport sur la gestion de la crise de la listériose, remis début juin, la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, recommandait de compenser spécifiquement les fromageries Blackburn et de l'Isle-aux-Grues. Leurs produits ont été rappelés à la suite d'analyses incomplètes menées sur des pointes de fromage contaminées chez les détaillants. Identifiées à tort comme sources potentielles de la contamination, celles-ci ont vu leurs ventes décliner et leur réputation pâtir. Contrecoups « normaux » Mme Saint-Germain n'avait pas avancé de chiffres, préférant s'en tenir au principe de la compensation, et recommandait au MAPAQ de nommer un expert indépendant dont le mandat plus large serait d'évaluer la pertinence et l'efficacité du plan de développement et de croissance du secteur des fromages fins du gouvernement. Concocté en pleine crise de la listériose afin d'aider les petits fromagers et les détaillants à passer au travers, ce plan prévoit des investissements de 8,4 millions $ sur trois ans. Le ministre de l'Agriculture d'alors, Laurent Lessard, avait fermé la porte à tout dédommagement personnalisé, estimant que la sécurité alimentaire était la responsabilité de l'industrie agroalimentaire et qu'il était normal de subir les contrecoups des rappels à grande échelle. L'expert a été tout de même nommé. Il s'agit de la firme Zins Beauchesne et associés de Québec, qui a remis son rapport dernièrement. Le MAPAQ refuse de rendre le document public. Jointes par Le Soleil, les fromageries intéressées n'ont toujours pas reçu d'offre de règlement. Gilles Blackburn, de la fromagerie du même nom située à Jonquière, ne perd pas espoir de récupérer les 150 000 $ que lui a coûté la crise de la listériose. Mais il trouve les relations avec le MAPAQ difficiles. « On devait avoir une rencontre mardi [aujourd'hui] et elle a été annulée et on ne sait pas quand ça sera repris », précise-t-il. Irritants techniques Au-delà de l'aspect financier, le ministre Béchard s'intéresse également aux irritants techniques relevés à la fois par les petits fromagers et le rapport de la protectrice du citoyen. Il confirme ainsi que 22 inspecteurs du Centre québécois d'inspection des aliments et de santé animale (CQIASA) seront formés spécifiquement pour le secteur des fromages artisanaux. Les fonctionnaires du MAPAQ travaillent également sur de nouveaux protocoles d'inspection des usines et d'intervention advenant une contamination. Les documents seront communiqués aux fromagers, qui se plaignent d'être évalués sur la base de critères qu'ils ne connaissent pas. Enfin, la possibilité de prolonger le programme temporaire de dépistage et d'échantillonnage des fromages artisanaux fait aussi partie des avenues explorées. La facture des analyses réalisées mensuellement devait être assumée par Québec pour un an, à partir d'octobre 2008, avant d'être refilée aux artisans. Ceux-ci rechignent toutefois à absorber la facture. Le MAPAQ pourrait leur accorder quelques mois de grâce. Auteur : Annie Morin Source : Le Soleil, 6 octobre 2009, p. 8 |


