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Octobre 2008

Magique Kiss espère revivre grâce au Web

Internet est un réseau d'infinis labyrinthes dans lesquels les entrepreneurs néophytes ont peur de se perdre. Si on peine à s'y retrouver, comment faire pour qu'on nous y retrouve ?

C'est la question que s'est posée Marguerite Massicotte, qui relancera sous peu, grâce au Web, son fixateur de rouge à lèvres Magique Kiss - désormais boudé par les réseaux traditionnels, après un succès dans les années 1990.

« Je suis convaincue du potentiel du produit. Les grands comme L'Oréal ont beau m'avoir enterrée avec leurs gros budgets de marketing, leurs rouges à lèvres longue durée ne durent pas aussi longtemps que mon fixateur. Leurs produits déshydratent les lèvres », affirme Mme Massicotte.

Une fois qu'on possède un produit supérieur et qu'on joue dans la cour des grands, comment attirer les clients sur notre site Web afin de le distribuer ?

« Certainement pas à ma façon, concède l'entrepreneure de Longueuil. Mon site Web est statique. Je travaille avec des experts. Avec ce qui s'en vient comme stratégie, j'ai bon espoir de remettre mon produit sur la carte. »

Cette stratégie repose sur la création d'un buzz.

« Sur le Web, il faut créer un buzz, de la rumeur positive, une tendance cool, avance Josée Courville, conseillère chez Zins Beauchesne et associés. Il faut se servir des leaders d'opinion sur les blogues et les forums de toutes sortes. Il faut en profiter et fonder des communautés. Par exemple, pour Magique Kiss, on imagine une communauté de filles sur MySpace qui essaient d'atténuer de façon bidonnante un rouge à lèvres enduit du fixateur. »

Interaction essentielle

Steve Vermette, président de Netgraphik, une boîte de conception Web de Sherbrooke, abonde dans le même sens :
« Oubliez les envois courriels massifs non sollicités et les pubs coûteuses sur Google AdWords. Moi, je fonctionne beaucoup avec les blogueurs qui propagent votre message partout sur l'arène virtuelle moyennant redevance. Avec les blogueurs, il faut les alimenter d'information, de clips et d'outils parce que leur préoccupation est de rendre leur site dynamique sans verser dans l'infopub. »

Certains outils, comme les forums et les cartes virtuelles, sont propices à propager votre message s'ils sont utilisés avec ingéniosité, originalité et humour.

« Le moyen d'amener votre clientèle cible à votre site en dira long sur votre marque et votre positionnement, poursuit
M. Vermette. Une fois sur le site, le temps des longues pages complexes est révolu. N'impatientez pas votre visiteur par des fenêtres pop-up. Mes trois critères pour un bon design sont l'épuration, le dynamisme et l'harmonie. »

Renée Dubé, associée chez Zins Beauchesne et associés, ajoute à ces qualités : « On doit sentir que le site transactionnel interagit avec nous, et rapidement. Prenez l'industrie du voyage, on réserve et, quelques secondes après, on reçoit une confirmation et on peut imprimer sa carte d'embarquement. L'humain ne doit pas être loin derrière; rajoutez un numéro sans frais pour que le client sente qu'il pourra recevoir du service au besoin. »

Josée Courville dit qu'un site transactionnel est idéal pour échanger de l'information avec les clients : « De plus en plus, le consommateur fait partie prenante du réseau de distribution et donne un commentaire rapide sur son appréciation du produit et les améliorations à y apporter. Aucun autre mode de distribution que le Web n'encourage cet échange à ce point. La personnalisation du produit est aussi rendue possible par cette interaction, comme lorsqu'on invite le client à construire son ordinateur. »

Mais si les clients se renseignent sur le Web quant à leurs achats, ils hésitent toujours un peu avant d'y acheter.

« C'est pourquoi il doit y avoir un appel constant pour susciter l'action, dit Renée Dubé. Souvent, une stratégie de tarification adaptée fera le travail, suggérant aux clients qu'ils bénéficieront des meilleurs prix sur Internet. »

Auteur : Sylvain d'Auteuil-Robillard

Source : Les Affaires, 18 octobre 2008, p. A12