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Janvier 2008

Le quart de l'argent du fédéral au marketing

Sur les 40 millions $ qu'Ottawa a versés à la Société du 400e, 10 sont consacrés au marketing des festivités. Une somme énorme, jugent deux experts.

À partir d'un document que lui a remis le ministère du Patrimoine, le Ottawa Citizen a révélé hier la répartition du financement que le gouvernement fédéral a accordé à la Société du 400e (voir le tableau). Un quart de la somme est accordée au marketing.

« De mémoire, il y a peu d'événements qui disposent d'autant d'argent pour le marketing », a confié au quotidien ontarien Steven Wood Schmader, président de l'International Festivals and Events Association, une association située en Idaho qui représente les intérêts de plusieurs grands événements. Aux États-Unis, où la plupart des festivals doivent composer presque uniquement avec des fonds privés, une campagne de marketing de 10 millions $ financée publiquement est impensable, soutient M. Schmader.

Un porte-parole du cabinet du premier ministre a défendu l'investissement fédéral. « Ce n'est pas un événement qui dure une journée, mais qui se déroule toute l'année », a dit au Citizen Dimitri Soudas.

Professeur au département de marketing de l'Université Laval et consultant, Michel Zins se dit lui aussi très surpris par l'ampleur du budget de marketing du 400e.

« Pour la mise en marché, dit-il, c'est un chiffre qui me paraît très gros ».

La ville de Jamestown, en Virginie, qui a célébré ses 400 ans l'an dernier, avait un budget de 44 millions $ pour 18 mois, a affirmé au Citizen Ross Richardson, le directeur du marketing et des communications de Jamestown 2007, l'organisation publique qui a chapeauté les festivités. Sur ce montant, 5 millions $ ont été consacrés aux relations publiques et au marketing.

« Pour ce qu'on avait à faire, le montant qu'on avait (pour le marketing) s'est révélé très efficace », a dit M. Richardson.

Jusqu'à maintenant, estime M. Zins, la campagne de marketing de la Société du 400e dans la capitale n'est pas efficace. Selon lui, malgré son budget imposant, l'événement n'a pas réussi à créer le même lien émotionnel avec les citoyens que le Festival d'été et le Carnaval. Le départ des directeurs des commandites et de la commercialisation cette semaine en est un signe.

« C'est sûr que ça laisse sous- entendre qu'il y a un malaise et qu'il n'y a pas de discours cohérent et rassembleur, dit-il. On ne sent pas vraiment une vision, un acte très fort de communication. »

Auteur : Marc Allard

Source : Le Soleil, 25 janvier 2008, p. 5