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Juillet 2009

Le producteur croit à l'aventure

Le plan d'affaires d'Omaterra, le Grand Spectacle de l'eau ne pourrait être plus conservateur, a soutenu hier son producteur délégué, Christian Morissette, en marge d'une conférence de presse visant à dévoiler les grandes lignes de ce projet d'envergure qui prendra l'affiche en juillet 2010.

M. Morissette réagissait ainsi aux critiques formulées lundi par le conseiller municipal Jean-François Rouleau, selon qui le plan d'affaires d'Omaterra est « irréaliste » compte tenu des spectacles réputés gratuits maintenant offerts à Québec.

« On ne peut aller plus bas » que le 1,8 M $ en revenus moyens annuels projetés, affirme le producteur délégué, en soulignant que ce plan d'affaires s'appuie sur une étude de marché solide et a été approuvé par des « amis très haut placés » dans l'industrie du spectacle. « Les paramètres sont extrêmement réalistes compte tenu de la situation économique, insiste-t-il. On a mis le pire des scénarios et on fait nos chiffres. »

Pour que l'événement fasse ses frais, une moyenne d'environ 800 spectateurs par représentation sera nécessaire. Ce nombre de spectateurs correspond à l'achalandage estimé par l'étude de marché réalisée par la firme Zins Beauchesne en 2007-2008.

Les gradins, qui seront peut-être recouverts d'un toit, auront une capacité de 1200 personnes. Entre 32 et 36 représentations d'Omaterra auront lieu chaque été à côté de la centrale Abénaquis, à raison de quatre soirs par semaine. Les billets coûteront 44 $ pour les adultes et 22 $ pour les enfants, des tarifs similaires à ceux d'autres spectacles du genre au Québec.

Le Grand Spectacle de l'eau s'adressera d'abord aux baby-boomers, la même clientèle cible que le train touristique Orford Express. « Ce qu'on souhaite, c'est que les gens qui viennent prendre le train dorment une nuit de plus à Sherbrooke pour assister au Grand Spectacle de l'eau », indique le directeur de Tourisme-Sherbrooke, Alain Deschâtelets. L'an dernier, l'Orford Express a accueilli plus de 26 000 passagers, dont 70 % résidaient à l'extérieur des Cantons-de-l'Est.

Selon l'étude de marché, les spectateurs d'Omaterra proviendront à 60 % de la région sherbrookoise la première année, à 20 % du reste des Cantons-de-l'Est et à 20 % du reste du Québec. Lors de la troisième année, la clientèle sera constituée à 50 % de touristes provenant de l'extérieur des Cantons-de-l'Est, avance Zins Beauchesne.

L'étude de marché prévoit, sur trois ans, un achalandage total de 71 000 spectateurs et plus de 3 M $ de dépenses touristiques directes. Le tiers des spectateurs passeront éventuellement une nuit dans la région, ce qui représentera entre 7 600 et 8 200 nouvelles nuitées par année.

Même si l'étude a été réalisée avant que Québec ne présente gratuitement le Moulin à images de Robert Lepage et le spectacle extérieur du Cirque du Soleil, celle-ci est toujours valide, estime Christian Morissette. « Il y avait des spectacles gratuits avant ceux offerts par Québec, notamment à Montréal. Ce n'est pas nouveau », mentionne le producteur délégué.

Le directeur de Tourisme-Sherbrooke, Alain Deschâtelets, évalue pour sa part que l'achalandage d'Omaterra sera supérieur à celui estimé dans l'étude de marché puisque cette dernière a été réalisée à partir de données antérieures à la mise sur pied de l'Orford Express.

La construction de l'hôtel Grand Times (120 chambres et du Complexe des Nations (40 chambres viendra aussi bonifier l'offre touristique de Sherbrooke, ce qui contribuera à augmenter le bassin de spectateurs potentiels d'Omaterra. Selon des statistiques toutes récentes, le nombre de touristes ayant visité Sherbrooke a augmenté de 10 % entre 2006 et 2007, ajoute M. Deschâtelets.

Auteur : David Bombardier

Source : La Tribune, 9 juillet 2009, p. 4